Que faire en Haute Tarentaise

par Sophie Prazzoli

Il existe des territoires où la montagne se découvre autrement. La Haute Tarentaise fait partie de ceux-là. Bien sûr, on y vient pour ses sommets, ses randonnées et ses paysages grandioses. Mais on y revient surtout pour son authenticité, ses villages d’altitude, ses rencontres et tous ces petits instants qui rendent un séjour inoubliable.

Pendant quelques jours, nous avons pris le temps d’explorer cette vallée autrement. Une sortie en VTT électrique sur le Versant du Soleil, des randonnées entre lacs d’altitude, réserves naturelles et sommets frontaliers, une nuit dans un hospice vieux de près de mille ans, des échanges passionnants avec ceux qui vivent et protègent ces montagnes… Autant d’expériences qui nous ont permis de découvrir une Haute Tarentaise plus sauvage, plus confidentielle et profondément attachante.

Dans cet article, nous vous emmenons à la découverte de nos plus belles expériences entre Bourg-Saint-Maurice, les Chapelles, Sainte-Foy-Tarentaise, Villaroger et le col du Petit-Saint-Bernard, pour vous donner toutes les idées nécessaires afin de préparer votre prochain séjour en montagne.

VTT électrique en Haute Tarentaise : entre hameaux, alpages et panoramas du Versant du Soleil

Pour débuter ce séjour en Haute Tarentaise, nous avons choisi de prendre de la hauteur en VTT électrique. Une façon idéale de découvrir le territoire autrement, en alliant le plaisir du vélo à la contemplation des paysages.

Nous retrouvons Louis, notre moniteur VTT, à Bourg-Saint-Maurice. Après avoir récupéré nos VTT de location chez Laboshop, nous prenons la direction du Dôme de Vaugelaz pour le début de cette aventure. Après quelques conseils techniques, nous nous élançons sur les chemins du Versant du Soleil, un secteur perché au-dessus de la vallée de la Haute Tarentaise, réputé pour son ensoleillement et ses paysages ouverts.

Rapidement, nous quittons l’agitation de Bourg-Saint-Maurice pour emprunter des pistes qui serpentent entre plusieurs hameaux de montagne. Les anciennes fermes en pierre, les petites chapelles discrètement nichées au cœur des villages et les chalets d’alpage rappellent que ce territoire vit encore au rythme de la montagne.

Au fil de la balade, les paysages deviennent de plus en plus grandioses. Les alpages baignés de soleil succèdent aux passages en forêt, tandis que les panoramas s’ouvrent sur les sommets de Haute Tarentaise. Ici, le regard se perd entre les prairies d’altitude, les forêts de mélèzes et les montagnes qui dessinent l’horizon. Le tintement des cloches des troupeaux accompagne notre progression, donnant à cette sortie une atmosphère paisible et authentique.

Grâce à l’assistance électrique, les montées s’effacent presque pour laisser place au plaisir de rouler et d’observer les paysages. Louis partage tout au long du parcours ses connaissances du territoire, de son patrimoine et de la vie dans les alpages, rendant cette sortie aussi enrichissante que dépaysante.

Cette boucle autour du Dôme de Vaugelaz est une magnifique façon de découvrir une autre facette de la Haute Tarentaise. Une immersion entre nature, patrimoine et grands espaces, idéale pour explorer la montagne en douceur, à son rythme.

28,5 km en boucle • 1080 m D+ • 3h30 à 4h • Moyen — Topo randonnée

Le sentier des Balcons de Réserve Naturelle des Hauts de Villaroger: une immersion au cœur de la nature préservée

Certaines randonnées offrent de beaux paysages. D’autres permettent de mieux comprendre la montagne. C’est exactement ce que nous avons vécu sur le sentier des Balcons de la Réserve, au départ de la Maison de la Réserve du Planay, à Villaroger.

Avant de prendre le sentier, nous faisons la rencontre de François-Xavier, garde de l’Office National des Forêts (ONF). Très vite, la randonnée prend une autre dimension. Avec passion, il nous raconte son métier, celui de gardien d’un territoire exceptionnel où la priorité est de permettre à la faune, à la flore et aux activités humaines de cohabiter en harmonie.

Son quotidien consiste à surveiller la réserve, sensibiliser les visiteurs, suivre les espèces animales et végétales, entretenir les chemins et sentiers, mais aussi rappeler les gestes simples qui permettent de préserver ces milieux fragiles. Rester sur les sentiers, l’interdiction des chiens même en laisse, respecter les périodes de quiétude de la faune ou encore ne laisser aucune trace de son passage… autant de règles essentielles pour que cette nature reste sauvage.

Nous partons ensuite sur le sentier, qui s’élève progressivement au-dessus de la vallée. Très vite, la forêt laisse place à de magnifiques points de vue sur les montagnes de Haute Tarentaise. Tout au long de l’itinéraire, 18 tables de lecture jalonnent le parcours. Elles invitent à lever les yeux, à observer les paysages autrement et à mieux comprendre les espèces qui vivent ici, des forêts jusqu’aux alpages.

Au fil des kilomètres, on ralentit naturellement le rythme. On tend l’oreille au chant des oiseaux, on observe les fleurs de montagne, les traces laissées par les animaux et les sommets qui dominent la réserve. Grâce aux explications de François-Xavier, chaque détail prend du sens et l’on réalise à quel point ces espaces naturels sont précieux… mais aussi fragiles.

Cette randonnée nous rappelle que la montagne n’est pas seulement un formidable terrain de jeu. C’est avant tout un écosystème vivant qu’il nous appartient de préserver. Une belle balade, autant pour ses panoramas que pour ce qu’elle nous apprend sur la richesse et l’équilibre de la nature.

 8,7 km en boucle • 715 m D+ • 3h • Moyen — Topo randonnée

Une parenthèse de douceur à l’Hôtel Le Monal

Pour profiter pleinement de notre escapade en Haute Tarentaise, nous avons choisi de séjourner à l’Hôtel Le Monal, à Sainte-Foy-Tarentaise. Niché au cœur du village, cet hôtel de charme est une adresse idéale pour rayonner entre Bourg-Saint-Maurice, Villaroger et le col du Petit Saint-Bernard.

Dès notre arrivée, nous avons été séduits par son atmosphère chaleureuse, où le bois, la pierre et la décoration de montagne créent un véritable cocon après une journée passée sur les sentiers. Depuis les chambres, les montagnes qui entourent Sainte-Foy-Tarentaise rappellent que la nature n’est jamais bien loin.

Le matin, le copieux petit-déjeuner met à l’honneur les produits locaux et permet de faire le plein d’énergie avant de repartir explorer la Haute Tarentaise. Après une journée de randonnée ou de VTT, c’est le genre d’adresse où l’on apprécie de retrouver le calme, le confort et l’accueil attentionné de toute l’équipe.

Entre authenticité savoyarde et prestations soignées, l’Hôtel Le Monal est une excellente base pour découvrir les richesses de la Haute Tarentaise, tout en profitant d’un séjour reposant au cœur des montagnes.

Lancebranlette au coucher du soleil : une randonnée entre France et Italie

Au départ du col du Petit Saint-Bernard, cette boucle nous emmène sur les hauteurs de la frontière franco-italienne, à travers des paysages minéraux parmi les plus sauvages du massif.

Avant même de commencer, son nom intrigue. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Lancebranlette n’a rien d’insolite. Lancebranlette signifie “champs en pente où pousse l’ail sauvage” en patois de la Vallée d’Aoste.

Nous rejoignons le col grâce à la navette Altibus S80 au départ de Séez, une solution pratique qui évite de prendre la voiture et permet de profiter pleinement de cette journée en altitude.

Depuis le col, le sentier s’élève progressivement au milieu des alpages, au-dessus de nos têtes un gypaète profite des courants d’air pour dessiner un élégant ballet dans le ciel, juste avant de rejoindre le magnifique lac Sans Fond. Malgré son nom, ce petit lac d’altitude possède bien un fond ! Son appellation viendrait simplement de sa couleur très sombre, qui donnait autrefois l’impression qu’il était infiniment profond. 

Nous avons choisi de partir en fin d’après-midi pour atteindre le sommet au moment où le soleil commence à décliner. Au fil de la montée, les marmottes animent les alpages, courant dans tous les sens et offrant un spectacle toujours amusant aux randonneurs. La lumière devient plus douce et les reliefs prennent des teintes dorées. Arrivés sur la crête de Lancebranlette (2 936 m), le spectacle est saisissant. D’un côté, les sommets de la Haute Tarentaise ; de l’autre, les montagnes italiennes qui s’étendent à perte de vue. Le silence n’est interrompu que par le vent qui balaie les crêtes, et le troupeau de bouquetins, offrant un véritable moment suspendu.

Cette randonnée nous laisse le souvenir d’une montagne brute, sauvage et lumineuse. Entre le lac Sans Fond, les paysages d’altitude et les couleurs du coucher de soleil sur les Alpes franco-italiennes, Lancebranlette offre une expérience inoubliable, où chaque pas rapproche un peu plus de cette sensation de liberté que seules les grandes montagnes savent procurer.

10,5 km en boucle • 809 m D+ • 4 à 5h • Difficile — Topo randonnée

Attention la fin de la montée est un peu difficile avec un petit segment avec échelles et câbles.

Une nuit hors du temps à l’Hospice du Petit Saint-Bernard

Après notre randonnée jusqu’au sommet de Lancebranlette, nous redescendons doucement vers le col du Petit-Saint-Bernard, baignés par les dernières lueurs du soleil. C’est ici, à 2 188 mètres d’altitude, entre la France et l’Italie, que nous passons la nuit dans un lieu unique : l’Hospice du Petit Saint-Bernard, aussi appelé l’Auberge du Col.

Depuis près de mille ans, ce lieu accueille les voyageurs qui franchissent le col. Fondé au XIᵉ siècle par Saint-Bernard de Menthon, l’hospice avait pour mission d’offrir refuge aux pèlerins, marchands et voyageurs qui traversaient les Alpes dans des conditions souvent difficiles. Aujourd’hui encore, on ressent toute l’histoire de ce bâtiment en franchissant sa porte. Les épais murs de pierre, le calme qui règne sur le col et l’immensité des montagnes donnent au lieu une atmosphère presque hors du temps. Depuis six ans, c’est Sophie qui veille sur cette maison emblématique. Cheffe de cuisine avant tout, elle accueille chaque visiteur avec une simplicité et une générosité qui reflètent parfaitement l’esprit des lieux. Ici, on ne vient pas seulement dormir : on partage un véritable moment de convivialité. À mi-chemin entre l’hôtel et le refuge, l’Hospice du Petit Saint-Bernard propose des chambres privatives avec salle de bain ainsi que des dortoirs, permettant à chacun de choisir le niveau de confort qui lui convient. Le séjour se fait en demi-pension, dans une ambiance conviviale et authentique, où l’esprit refuge se retrouve aussi bien autour de la grande table qu’au fil des échanges entre voyageurs.

Le dîner restera sans aucun doute l’un des plus beaux souvenirs de notre séjour. Dans l’assiette, tout est fait maison, préparé avec passion à partir de produits locaux et de saison. Une cuisine sincère, généreuse et pleine de saveurs, qui met en valeur le terroir de Haute Tarentaise. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas dégusté une cuisine aussi juste et aussi gourmande. Chaque plat raconte le territoire, et l’on sent immédiatement l’amour que Sophie porte à son métier.

Après cette belle soirée, le silence reprend ses droits. Loin de toute agitation, la nuit tombe sur le col tandis que les derniers pensionnaires regagnent leurs chambres. Le lendemain matin, les premières lumières illuminent les sommets environnants dans une atmosphère paisible. Se réveiller dans un lieu aussi chargé d’histoire, entouré par les montagnes, est une expérience à part entière.

Dormir à l’Hospice du Petit-Saint-Bernard, c’est bien plus qu’une simple étape. C’est vivre un morceau d’histoire alpine, rencontrer des passionnés qui font vivre ce patrimoine avec cœur et profiter d’une parenthèse authentique dans un cadre exceptionnel. Une adresse que l’on quitte avec l’envie d’y revenir, autant pour la beauté du lieu que pour l’accueil chaleureux de Sophie et sa cuisine inoubliable.

 Le sentier Au fil des Frontières : marcher sur les traces de l’histoire

Après une nuit paisible à l’Hospice du Petit Saint-Bernard, nous quittons l’auberge à pied pour une randonnée qui mêle à merveille nature, patrimoine et histoire. Le sentier Au fil des Frontières invite à découvrir ce col mythique, emprunté depuis des siècles par les voyageurs, les commerçants, les pèlerins et les armées qui traversaient les Alpes entre la France et l’Italie.

Dès les premiers pas, le panorama est exceptionnel. Face à nous, le massif du Mont-Blanc dévoile toute sa grandeur, tandis que les imposantes Grandes Jorasses dominent l’horizon. À cette altitude, les paysages alternent entre vastes alpages, pelouses alpines parsemées de fleurs en été et reliefs minéraux façonnés par les glaciers.

Tout au long du parcours, plusieurs panneaux d’interprétation racontent l’histoire fascinante du col du Petit Saint-Bernard. On découvre les vestiges laissés par les différentes époques, les échanges entre les deux versants des Alpes et l’importance stratégique de ce passage naturel depuis l’Antiquité. Chaque arrêt permet de mieux comprendre ce lieu chargé d’histoire, où les frontières se sont dessinées au fil des siècles sans jamais effacer les liens entre les deux vallées.

Cette balade est aussi une invitation à ralentir. Ici, on prend le temps d’observer les paysages, d’admirer les sommets qui semblent à portée de main et de profiter du calme si particulier qui règne sur le col au petit matin. Après l’effort de la veille sur les pentes de Lancebranlette, cette randonnée plus accessible offre une parenthèse contemplative avant de reprendre la route.

Une belle manière de terminer ce séjour en Haute Tarentaise, en marchant au cœur d’un site emblématique où la nature et l’histoire se rencontrent à chaque pas.

Une randonnée facile et très accessible, idéale pour découvrir l’histoire du col tout en profitant d’une vue exceptionnelle sur le Mont-Blanc et les Grandes Jorasses.

 6,7 km en boucle • 240 m D+ • 2h • Facile — Topo randonnée

Après cette dernière balade au cœur des Alpes, nous retrouvons le col du Petit Saint-Bernard où nous empruntons la navette Altibus S80 pour redescendre jusqu’à Sèez. Une solution simple et pratique qui permet de profiter pleinement de ces randonnées en altitude sans reprendre la voiture, tout en admirant une dernière fois les paysages de Haute Tarentaise défiler par la fenêtre.

Ce séjour en Haute Tarentaise nous rappelle que la montagne ne se résume pas aux sommets que l’on gravit. Elle se vit aussi à travers les rencontres, les histoires racontées par ceux qui la connaissent le mieux, les saveurs d’une cuisine locale préparée avec passion ou encore le silence d’un lever de soleil sur un col chargé d’histoire.

Entre une balade en VTT au milieu des alpages, une randonnée au coucher du soleil jusqu’à Lancebranlette, la découverte de la Réserve Raturelle des Hauts Villaroger ou une nuit hors du temps à l’Hospice du Petit-Saint-Bernard, chaque étape nous a permis d’appréhender ce territoire sous un nouvel angle.

La Haute Tarentaise est une destination où l’on prend le temps de ralentir, d’observer et de comprendre la montagne autant que de la parcourir. Une destination idéale pour celles et ceux qui recherchent des paysages préservés, des activités variées et des expériences authentiques, été comme hiver.

Une chose est sûre : nous reviendrons explorer cette vallée, tant il nous reste encore de sentiers à parcourir, de villages à découvrir… et de belles histoires de montagne à partager.

Où dormir en Haute Tarentaise?

La Haute Tarentaise propose des logements de tous types. De l’Hôtel, à la chambre d’hôtes en passant par des refuges.

Dans notre cas nous avons dormis une nuit à l’Hospice du Petit Saint Bernard au col qui porte le même nom. Un lieu chargé d’histoire et parfaitement situé pour profiter des randonnées du coin.

Dans la vallée, nous avons également pu tester l’hôtel le Monal à Saint-Foy-de-Tarentaise. Entre Tignes et Bourg Saint Maurice, l’emplacement est idéal. Il offre également une restauration à tomber.

Tous les logements en Haute Tarentaise–> les logements

Oû manger en Haute Tarentaise?

  • Auberge du col: l’auberge de l’Hospice géré par Sophie propose une cuisine local, extrêmement généreuse et surtout délicieuse. A tester les yeux fermés. La carte change tous les jours.
  • Le Monal: le restaurant de l’Hôtel du Monal propose une superbe cuisine variée. Du plat local à la Pizza
  • L’Angival : au coeur de Bourg Saint Maurice, cet hôtel-restaurant propose une cuisine maison très abordable. Pensez à réserver, il est très demandé.

Que faire en Haute Tarentaise ?

Séjour organisé en partenariat Destination Haute Tarentaise

Vous pourriez aussi aimer

Laisser un commentaire